Accueil | Vie de l'école | Une conviction à l’honneur pour l’année

Une conviction à l’honneur pour l’année

Chers parents,

Qui n’a pas été touché par la grande violence de l’année écoulée et comment ne pas être interpelé par les différents drames de l’actualité qui l’ont émaillée ? Comme probablement la plupart d’entre vous, j’y ai été très sensible et j’en ai été profondément affecté.

Une fois l’effet de sidération passé, ces événements malheureux ont toutefois eu un effet positif en rappelant une perspective éducative dont l’enjeu me semble plus que jamais décisif : celui d’une éducation à la fraternité.

Je profite donc de l’opportunité qui m’est donnée à l’occasion de la lettre aux familles pour vous faire part de mon attachement à ce chemin de paix.

La définition même du terme de fraternité demande déjà que l’on s’y arrête un instant. Si on se réfère au grec, on s’aperçoit qu’il y a deux mots pour désigner la fraternité : adelphotès et philadelphia.

« Adelphotès c’est le frère au sens d’une personne qui appartient au même ensemble que moi, c’est un compatriote, un confrère.  Philadelphia, désigne une relation avec quelqu’un que j’aime. Aussi philadelphia implique un engagement personnel (ce que ne contient pas adelphotès qui est seulement le constat objectif d’un état de fait) » cf. Dominique Balmary

Comprise dans cette acception la fraternité suppose un élan volontaire. Si l’on s’efforce de suivre  l’enseignement du Christ, cet élan devrait être universel (« que celui qui aime Dieu aime aussi son frère nous dit St Jean [4-20]). Cela permet de dire que la fraternité va au-delà de l’amitié : elle n’est pas sélective et devrait s’étendre à tous nos semblables. Dans son principe, chacun devrait pouvoir en bénéficier.

On perçoit alors assez aisément que la fraternité est un absolu qui ne va pas de soi…

Les témoignages bibliques sont nombreux à nous le rappeler (Abel et Caïn, la parabole du fils prodigue pour ne donner que deux exemples). De même, l’expérience personnelle nous montre elle aussi souvent combien nous malmenons l’idéal fraternel. L’un des écueils  les plus courants qui nous en éloigne est le sentiment de jalousie.

Que ce soit à travers les textes ou dans l’expérience de nos propres limites, nous mesurons donc facilement que la fraternité  nécessite une véritable éducation. Celle-ci est d’autant plus capitale que la fraternité constitue bien une des conditions de la vie chrétienne. Qu’est-ce donc en effet que la jalousie, sinon un désir de puissance qui n’accepte pas de se réjouir des dons que Dieu attribue à chaque homme ? Or refuser de voir la part d’incarnation chez son frère et nier l’unicité des dons qui accompagne sa personne c’est au final faire offense au projet divin.

J’ajouterai que le préjudice est double puisque la jalousie conduit aussi à oublier de considérer les talents que l’on en a reçus pour soi-même …

Comment alors développer une éducation à la fraternité ?

Il me semble qu’une piste possible consiste à multiplier les occasions de se découvrir mutuellement, de se reconnaitre. Cela signifie que nous devons soigner notre sens de l’hospitalité qui est assurément une composante de la fraternité (accueil de la différence religieuse, culturelle et sociale, accueil de la différence  physique- homme/femme, situation de handicap-).

Tout cela s’inscrit parfaitement dans les conclusions du XVII chapitre de la CMND qui nous invite à reconnaitre ce qui est différent en tant que richesse et complémentarité ; thème qui sera mis en exergue à l’occasion du prochain rassemblement de la communauté éducative de Lourdes.

Convaincus de la nécessité de la fraternité pour humaniser le monde ;  assurés de sa puissance réconciliatrice, avertis des moyens qu’il faudrait mettre en œuvre pour la favoriser, nous souhaitons nous mettre en route cette année !

Fraternellement.

14-06-2016 Rédigé par Vincent Cavalier